Plusieurs milliers d'homosexuels israéliens se sont rassemblés vendredi sous haute sécurité dans un stade de Jérusalem, faute de pouvoir organiser dans les rues de la ville sainte un défilé de la Gay Pride qui a suscité les foudres des juifs ultra-orthodoxes et les mises en garde du Vatican.
Dans une atmosphère de carnaval, sur des musiques de danse, militantes et militants homosexuels ont agité des drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole de la fierté "gay" et du pacifisme, dans une ville sous haute surveillance après les menaces de représailles palestiniennes à la suite du bombardement israélien de Beït Hanoun, dans la bande de Gaza, qui a tué 19 civils.
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Les juifs ultra-orthodoxes avaient menacé d'attaquer le défilé festif que les militants homosexuels voulaient organiser dans la ville. Pendant plusieurs jours, ils avaient dressé des barricades dans les rues, brûlé des pneus et affronté les forces de l'ordre pour dire leur hostilité à cette manifestation. Jeudi, les organisateurs ont annoncé qu'ils annulaient le défilé et le remplaçaient par un rassemblement dans le stade de Givat Ram, la police, mobilisée sur le front anti-palestinien, ayant fait savoir qu'elle ne pourrait assurer la sécurité de la marche gay et lesbienne. Trois mille policiers étaient toutefois mobilisés autour du stade vendredi pour éviter tout débordement.
"Pourquoi nous enferment-ils dans un placard ? Il y a plusieurs façons d'être juif", s'est insurgé Yossi Gilad, 36 ans, employé d'une ONG à Tel Aviv. "FIERE D'ETRE JUIVE ET LESBIENNE" Une femme tendait une pancarte: "je suis fière d'être juive et lesbienne". La police a arrêté près du stade plusieurs jeunes militants ultra-religieux qui portaient sur eux des couteaux et des poings américains.
Quelques incidents sans gravité ont opposé de jeunes ultra-orthodoxes à des militants homosexuels. "Ici, ce n'est pas le pays des homos, c'est la Terre Sainte", a lancé le rabbin Yehuda Levin, membre d'un mouvement ultra-orthodoxe. "Ce jour marque une grande victoire du pouvoir religieux. On a renvoyé les sodomites au placard. C'en est fini des provocations."
La Gay Pride avait été ajournée deux fois par le passé en raison des tensions extérieures - lors du retrait israélien de Gaza à l'automne 2005 et lors de la guerre au Liban l'été dernier - mais la Cour suprême israélienne avait finalement autorisé qu'elle se déroule ce 10 novembre dans la ville sainte.
Depuis plus d'une semaine, les juifs religieux étaient partis en guerre contre cette fête. Les hommes en redingote noire et papillotes s'étaient chaque jour mobilisés. Les ultra-orthodoxes - environ sept pour cent de la population de l'Etat hébreu - considéraient ce défilé de quelque 8.000 gays dans les rues de Jérusalem comme une provocation dirigée contre la religion en général, et donc Dieu, et non contre le seul judaïsme.
Mercredi, le Vatican était intervenu dans le débat en demandant aux autorités israéliennes d'interdire ce défilé qui auraient "offensé les sentiments des croyants juifs, musulmans et chrétiens". (Source texte Agence Reuters Via Le Nouvel Obs)
Dimanche 12 novembre 2006
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Publié dans : Gay pride 2006
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